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Jardins d’Orient, entre science et poésie

Quoique bien réel, c’est un petit univers à part et totalement mythique que nous permet de découvrir l’IMA depuis quelques jours. Car que l’on évoque l’Alhambra, Babylone, ou les jardins du peintre Majorelle, désormais ancrés dans notre réalité par la grâce de Yves Saint Laurent, le Jardin d’Orient est une source d’inspiration. Preuve en sont toutes les œuvres d’art anciennes ou contemporaines, qui émaillent l’exposition, et qui nous font l’imaginer à raison, puisque c’est ainsi que le voient ceux pour qui il n’a rien d’exotique, comme un paradis terrestre. C’est que l’endroit, en plus d’être un ravissement pour les yeux, avec ses zones d’ombre et de lumière qui favorisent la diversité des espèces végétales, séduit avec ses parfums de fleurs, et sa musique, dominée par le bruit de l’eau sans que le profane ne trouve la chose incongrue… Et puis aussi, ces lieux magiques sont des théâtres où se jouent des spectacles multiples. Ainsi, très tôt, les souverains ont-ils commencé d’exprimer leur magnificence en organisant des réceptions au cœur de leur jardin d’agrément, tandis que pour d’autres, bien sûr, souvent, cet espace protégé s’est vu attribuer une fonction nourricière, ou de recherche botanique. Mais dans l’esprit du plus grand nombre, le jardin, dans sa version publique, a toujours été un lieu de partage et de rencontre, décor privilégié de tous les moments importants de la vie. Aussi voit-on aujourd’hui à Marrakech, la mobilisation générale qui a finalement abouti à la restauration des jardins de l’Agdal, les plus anciens de la ville, pour le moment considérablement laissés à l’abandon, afin de ne pas laisser mourir cette institution chargée d’histoires.

Sciences et techniques

Avant que ces jardins ne soient à nouveau ouverts au public donc, cette remise en état sera faite selon les techniques les plus traditionnelles en la matière, qu’il s’agisse de plantations, mais aussi d’irrigation. Car bien évidemment, l’eau est au cœur de l’existence même du Jardin d’Orient, territoire privilégié qui pourtant semblerait presque apparaître comme par magie dans les terres les plus arides. C’est avec l’apparition des oasis en Mésopotamie il y a 6000 ans, que les premières techniques de gestion hydrauliques ont commencé de voir le jour, et c’est à partir du IXè siècle seulement que l’homme a vraiment commencé à savoir changer les paysages. Et c’est de cette science très exacte qu’est née la structure même du jardin arabo-musulman, divisé en section égales segmentées par des canaux, et organisé, toujours, autour d’un bassin agrémenté de parterres fleuris. L’exposition ainsi, nous démontre le côté autant rigoureux que précieux de ces lieux de vie, et nous interroge dans le même temps sur les ressources pas inépuisables de notre planète. Conscient désormais, du pouvoir comme de l’importance de ces espaces verts venus d’ailleurs, le visiteur n’a au terme de ce voyage, riche de peintures, documents, objets et maquettes, plus qu’une seule envie : se retrouver à son tour au cœur d’un Jardin d’Orient. C’est presque chose faite quand il sort du Musée, puisque sur son parvis, un incroyable jardin « arable » y a été installé par le paysagiste Michel Péna, tout en étages, selon les principes de d’organisation du genre, mais bien sûr, en respectant les contraintes de la ville. Clou du spectacle, une anamorphose (comprenez ici une déconstruction géométrique d’un pan du jardin) signée par François Abélanet – spécialiste de la discipline -, surplombe l’ensemble et lui offre une allure futuriste saisissante. Lieu de rencontre et de détente qui ne durera que le temps de l’exposition, ce vaste espace extérieur éphémère évoluera au rythme de la croissance de ses plantations, parfaite illustration de l’alliance de maîtrise et de mystère qui constitue un Jardin d’Orient.

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